Ces métiers indispensables que nos sociétés continuent d’invisibiliser

La leçon du psycho-drame des listes en PACA que personne ne tirera !

 

Partout dans le monde, des femmes et des hommes quittent leur pays pour exercer des métiers du soin dont nos sociétés dépendent silencieusement.

Aide à domicile, assistance aux personnes âgées, accompagnement du handicap, garde d’enfants : ces activités ne relèvent pas du confort, elles répondent à des besoins fondamentaux. Et pourtant, celles et ceux qui les assurent  souvent migrants  restent relégués à la marge.

Le rapport de UNI Global Union révèle un paradoxe brutal : plus un travail est indispensable, moins il est reconnu.

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la précarité des conditions, mais leur hashtag#banalisation. Des journées à rallonge, des salaires en deçà du minimum légal, une dépendance totale à l’employeur liée au titre de séjour : autant de réalités qui, mises bout à bout, dessinent un système structuré d’inégalités. L’isolement souvent au domicile privé  rend ces situations encore plus difficiles à dénoncer. Ce n’est pas une série de dérives individuelles, c’est un angle mort collectif.

On parle beaucoup de “crise du care”, de vieillissement de la population, de manque de personnel. Mais comment attirer et maintenir dans ces métiers si l’on accepte qu’ils reposent sur des droits amoindris ? Il y a là une contradiction majeure : vouloir renforcer les services à la personne sans garantir la sécurité et la dignité de celles et ceux qui les rendent possibles.

Il faut aussi regarder en face une réalité plus inconfortable : ces travailleuses et travailleurs compensent les insuffisances de nos politiques publiques. Ils permettent à des systèmes de tenir, à des familles de s’organiser, à des personnes vulnérables de rester chez elles. Leur contribution est structurelle, pas accessoire. Et pourtant, elle reste traitée comme interchangeable.

Reconnaître pleinement ces métiers implique plus qu’un discours. Cela suppose des statuts clairs, des voies de régularisation, la possibilité de changer d’employeur sans perdre ses droits, un accès effectif à la santé et à la justice, ainsi qu’une capacité réelle à se regrouper et à défendre ses intérêts. Sans ces garanties, la notion même de “travail digne” perd son sens.

La manière dont une société traite celles et ceux qui prennent soin des plus vulnérables dit beaucoup de ses priorités.

Continuer à fermer les yeux, c’est accepter que l’essentiel repose sur la fragilité. Faire autrement, c’est choisir de mettre la cohérence entre nos valeurs et nos pratiques au cœur des politiques publiques.

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