La leçon du psycho-drame des listes en PACA que personne ne tirera !
Le Parlement européen a approuvé la création de « return hubs », des centres situés hors de l’Union européenne pour accueillir les personnes dont les demandes d’asile sont rejetées ou qui n’ont pas de droit de séjour. L’objectif officiel est clair : accroître le taux de retours et dissuader l’entrée irrégulière. Mais derrière cette logique de gestion se pose une question fondamentale : comment garantir un droit effectif quand les personnes sont éloignées de l’espace juridique européen ?
Pour la première fois, des individus pourraient être retenus hors du territoire européen, dans des pays tiers avec lesquels des accords seraient négociés. Cette mesure modifie profondément l’accès au droit : les personnes transférées peuvent se retrouver loin du juge, hors d’accès facile à un interprétariat ou à un accompagnement juridique, et donc dans une situation où leurs droits deviennent très difficiles à exercer.
Je le dis avec force : un droit qui s’éloigne de ceux qu’il protège cesse d’être effectif. L’asile n’est pas une question administrative, c’est un droit humain fondamental. Il ne peut être réduit à un objectif de contrôle des flux ou de rapidité. Dignité humaine, non‑discrimination, protection contre le refoulement : ces valeurs ne peuvent être compromises au nom de l’efficacité.
Ces « hubs » de retour posent un autre risque : reporter le problème sur des systèmes juridiques tiers, qui ne disposent pas toujours des mêmes garanties ni des mêmes moyens de recours. Dans un contexte où l’accès à la langue, à l’information et à un accompagnement juridique est déjà un obstacle pour de nombreuses personnes déplacées, éloigner encore davantage ces populations, c’est aggraver la crise de l’accès aux droits et créer des zones d’incertitude juridique et humaine.
Garantir l’effectivité du droit d’asile, c’est assurer que chaque personne puisse comprendre et exercer ses droits, là où les garanties juridiques sont réelles et où l’accompagnement est possible. Créer des centres de retour hors de l’UE sans ces garanties, c’est ouvrir une brèche dans les principes mêmes qui fondent nos sociétés démocratiques.
C’est ce combat que je défends chaque jour avec ISM Interprétariat : que le droit ne soit pas seulement un concept sur le papier, mais une réalité tangible, accessible à tous, compris et exercé. Accélérer les procédures ou éloigner les personnes ne doit jamais signifier sacrifier l’équité, la justice et la dignité humaine.