La leçon du psycho-drame des listes en PACA que personne ne tirera !
Le débat français sur l’immigration souffre souvent d’un défaut majeur : il parle d’abstractions là où il faudrait regarder des réalités concrètes.
Quand Jean-Pierre Farandou affirme que la France a besoin d’une immigration de travail, il ne théorise pas. Il constate. Dans les transports, les hôpitaux, le médico-social, le bâtiment ou la restauration, des métiers essentiels peinent à recruter. Et ce sont déjà, très souvent, des femmes et des hommes venus d’ailleurs qui permettent au pays de continuer à fonctionner.
Faire comme si cette réalité n’existait pas ne la fera pas disparaître. La nier, c’est fragiliser des secteurs entiers et ignorer une partie de ceux qui font tenir le quotidien.
Mais l’enjeu ne s’arrête pas à l’emploi. Travailler dans un pays ne suffit pas à y être pleinement intégré. L’intégration se joue ailleurs : dans l’accès aux droits, à la santé, à l’école, au logement, dans la capacité à comprendre les institutions et à s’y orienter sans obstacle.
Or c’est précisément là que les fragilités apparaissent.
La barrière de la langue, les démarches complexes, les incompréhensions administratives transforment trop souvent des droits théoriques en parcours d’obstacles réels. Et c’est ici que des acteurs comme ISM Interprétariat jouent un rôle décisif, presque invisible mais fondamental. En permettant aux personnes migrantes de comprendre et d’être comprises, ils ne font pas seulement de la traduction : ils rétablissent une égalité concrète d’accès aux droits.
C’est une dimension trop souvent sous-estimée du débat public. On parle de flux, de chiffres, de quotas. On parle moins de ce qui fait qu’une société tient ensemble : la capacité à inclure réellement celles et ceux qu’elle accueille.
Or une politique migratoire sérieuse ne peut pas se limiter à l’entrée sur le territoire ou à l’accès au travail. Elle doit intégrer une exigence plus large : celle de la cohérence entre besoin économique et intégration sociale.
Cela suppose de sortir d’une vision fragmentée, d’un côté le travail, de l’autre le social, ailleurs les droits, pour penser un tout. Car une société qui a besoin de travailleurs doit aussi être capable de leur garantir des conditions d’intégration dignes, lisibles et effectives.
Ce n’est pas une question secondaire. C’est une question de solidité républicaine.
Car au fond, la vraie ligne de fracture n’est pas entre ceux qui sont pour ou contre l’immigration. Elle est entre ceux qui acceptent de la penser dans sa globalité et ceux qui refusent de voir qu’elle engage, en même temps, l’économie, le droit et la cohésion sociale.
Et c’est à cette condition seulement que l’immigration de travail peut devenir autre chose qu’un constat : une politique assumée, structurée, et fidèle à ce qu’une République exige d’elle-même.