Aux États‑Unis, la Cour suprême débat actuellement du droit de demander l’asile à la frontière. L’enjeu dépasse largement le cadre juridique : il s’agit de savoir si des êtres humains pourront encore se présenter pour demander protection, ou si on les renverra avant même qu’ils aient une chance d’être entendus.
Je refuse de voir le droit d’asile transformé en formalité abstraite, un texte que l’on applique selon le lieu, le moment ou le contexte politique. Derrière chaque frontière, chaque contrôle, il y a des vies réelles, des familles, des enfants qui fuient la peur et la violence. Les empêcher d’accéder à une procédure, c’est les condamner à des détours dangereux, à des passeurs, à la clandestinité, parfois à la mort.
Je le dis avec conviction : un droit qui ne peut pas être exercé n’est plus un droit. L’asile n’est pas un privilège, c’est une protection fondamentale. Et la protection ne commence pas sur un territoire : elle commence quand une personne peut dire son histoire, expliquer sa peur, être entendue et guidée.
Empêcher ou limiter l’accès à cette parole, c’est trahir la dignité humaine. Les drames aux frontières ne sont pas des fatalités : ce sont les conséquences d’un système qui refuse de mettre le droit à portée de ceux qu’il protège.
C’est pour cela que je me bats chaque jour avec ISM Interprétariat : pour que le droit d’asile reste réel, tangible et compréhensible, partout, pour tous, avec un accompagnement, des interprètes, un accès à l’information et à la justice. Tant que ce principe n’est pas respecté, aucune procédure, aucun mur, aucun protocole ne pourra remplacer l’exigence première : protéger la vie et la dignité.