Apprendre une langue, comprendre une langue, la clé pour s’intégrer. 

La leçon du psycho-drame des listes en PACA que personne ne tirera !

 

Apprendre une langue ne se résume pas à se connecter.

Encore moins quand il s’agit de poser les premières bases d’une vie dans un nouveau pays.

Depuis l’été 2025, une large majorité des personnes signataires du Contrat d’intégration républicaine ne suivent plus leurs cours de français en salle, mais via une plateforme numérique.

Une évolution présentée comme pragmatique.

Sur le terrain, elle agit surtout comme un facteur d’isolement supplémentaire.

Accéder à l’outil suppose déjà beaucoup :

Un équipement fonctionnel. Une connexion fiable. Une aisance minimale avec les usages numériques. Et la capacité d’apprendre en totale autonomie.

Autant de prérequis loin d’être acquis pour des publics parfois peu scolarisés ou en situation de précarité.

Résultat : la participation chute, les décrochages augmentent, et les structures de proximité voient affluer des demandes de soutien.

Car l’apprentissage linguistique repose sur bien plus qu’un contenu pédagogique.

Il s’ancre dans l’échange, la pratique orale, la relation à un formateur, la dynamique de groupe.

Les espaces de formation constituaient aussi des lieux de repères, d’interactions, de socialisation.

Leur disparition laisse un vide que le distanciel ne comble pas.

Dans le même temps, les niveaux de français exigés pour sécuriser un parcours administratif, titres de séjour, cartes de résident, accès à la nationalité, sont relevés.

L’écart se creuse :

Des attentes renforcées. Des moyens réduits. Un outil unique là où existaient des parcours structurés.

Cette configuration fragilise d’abord celles et ceux qui auraient précisément besoin d’un accompagnement renforcé.

À ISM Interprétariat, nous constatons chaque jour que les trajectoires d’intégration reposent sur des équilibres fins :

Présence humaine. Cadres collectifs. Progressivité des apprentissages. Médiation sociale et numérique.

Le digital peut enrichir ces dispositifs. Il ne peut s’y substituer intégralement.

Externaliser l’effort d’intégration vers les seuls individus crée des impasses.

Conditionner des droits à des compétences sans garantir les moyens de les acquérir accentue les vulnérabilités.

Et réduire l’intégration à un niveau linguistique occulte tout ce qui la rend possible : formation, emploi, stabilité, relations sociales.

Nous restons donc pleinement mobilisés pour défendre un accès effectif à l’apprentissage du français, dans des formats adaptés à la diversité des parcours.

Parce qu’une intégration réussie ne se mesure pas au déploiement d’une plateforme, mais à la capacité collective à rendre les parcours réellement accessibles.

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