Israël Palestine : Nous étions déjà au bord du gouffre, nous avons fait un grand pas en avant

Tout a été dit et écrit sur le conflit israélo-arabe. Tout, et son contraire, tant le conflit est complexe, ses causes enchevêtrées, ses responsables et ses victimes dans tous les camps.

Toute personne raisonnable devrait changer sa plume contre un paquet de mouchoirs et pleurer tout son soûl devant ces 70 ans de gâchis.

J’ai des amis dans tous les camps et, à chaque explosion, je tremble pour chacun d’eux, juif et arabe.

Comment oublier ce groupe d’aveugles palestiniens et israéliens, venus ensemble à l’invitation de Bertrand DELANOE boire le verre de l’amitié à l’hôtel de ville de Paris ?

Comment oublier ces deux négociateurs, israéliens et palestiniens auteurs de l’initiative de Genève, une solution concrète et détaillée de partage en deux États, venus recevoir le soutien et les encouragements de ce Maire si sage et si visionnaire ?

Comment Oublier Esther ZABAR, qui a voué sa vie à l’inclusion professionnelle des personnes autistes et qui m’a reçu avec tant de chaleur dans sa maison à Tel- Aviv ?

Que cela plaise ou non, il faut bien constater que l’une des rares réussites de la présidence de Trump a été la conclusion d’une paix formalisée entre Israël et la plupart des pays arabes. Cette paix, annonciatrice d’échanges massifs aurait pu et aurait dû se traduire en Israël.

Or, trop de leaders ont vitalement intérêt à des flambées régulières de violence. Quand Bibi Netanyahou coupe les oignons, le Hamas pleure !

Tout se passe comme si des accords secrets étaient passés entre ces deux forces irrémédiablement liguées contre une solution pacifique. L’une a torpillé la paix par des attentats abjects, l’autre a armé le bras de l’assassin du Premier Ministre qui l’avait signée.

Or, qu’Israël le veuille ou non, en l’état actuel des démographies, un État juif n’a pas plus d’un demi-siècle de viabilité.

De trois choses l’une :

  • Ou bien Israël expulse tous les arabes de Palestine et d’Israël et annexe complètement les territoires occupés et Gaza,
  • Ou bien Israël renonce à sa spécificité d’état juif et s’achemine vers la constitution d’un état binational avec égalité des droits pour tous ses habitants,
  • Ou bien un partage en deux états viables et fortement associés est effectué par des hommes de bonne volonté des deux peuples.

La première solution entraînera de gros transferts de population et cristallisera les haines pour des générations. La seconde implique un dépassement du sionisme. Celui-ci a atteint ses objectifs et, plus jamais, les juifs ne seront menacés d’extinction comme ils le furent si souvent au cours de ces deux millénaires.

Israël, à l’instar de l’Afrique du sud, est en position de force pour ouvrir les discussions pour constituer un état binational dans lequel les juifs ne seront à terme plus majoritaires mais dans lequel ils auront sanctuarisé leur droits inaliénables.

La troisième solution est grandie comme un hochet par tous les pays qui comptent !

Or chaque jour qui passe la rend moins possible à mettre en œuvre.

La démocratie israélienne est le jouet des extrémistes et des colons qui la paralysent. L’autorité palestinienne et le Hamas sont deux calamités qui s’acharnent sur un peuple palestinien spolié et trompé depuis 70 ans. Le temps joue contre les enfants israéliens et palestiniens ! Les arabes israéliens, jadis parfaitement loyaux à Israël, se détachent de leur pays.

La guerre civile menace avec son cortège d’horreurs.

Que revienne vite le temps des sages, des courageux !

Faute de quoi la mer Rouge et la mer méditerranée se gonfleront des larmes de tout ceux qui, comme moi, croient mordicus à la paix.

Diplomatiquement vôtre,

Hamou