L’un des effets collatéraux de la Covid est le gonflement de l’épargne des français.

Pour faire sortir les sous des coffres, c’est la foire aux suggestions !

Je ne reviendrai pas sur la répartition de l’épargne : Tout le monde a bien conscience que, plus on est riche plus on a épargné, et plus on est exclu plus on s’est appauvri et endetté.

L’idée qui semble avoir la côte est de baisser les frais de succession pour permettre aux parents d’aider plus vite les enfants et petits enfants. C’est très séduisant  : Qui ne rêve pas de transmettre les fruits de son dur labeur à sa progéniture ? Après leur avoir transmis gènes défectueux, secrets de familles inavouables, préjugés enkystés et autres traumas divers, on leur doit bien ça !

Un gadget pour une exposition médiatique garantie

La spécialité de nos hommes politiques et des médias, qui relaient leurs trouvailles, est de proposer des mesures qui ne mangent pas de pain et ne changent pas les fondamentaux mais font causer !

Qu’en est-il donc vraiment ? Il est très facile de transmettre tous les quinze ans jusqu’à 150 000€ à ses enfants sans frais.

Le barème des frais de succession est très progressif. Les personnes qui disposent de gros patrimoines à transmettre sont celles qui peuvent s’offrir les services de conseillers qui les aideront à optimiser fiscalité et succession, quitte à s’expatrier complètement ou partiellement. L’Europe est bonne fille, qui met en valeur  ses propres paradis fiscaux !

Il faut, en moyenne, sept générations pour changer de classe sociale en France, deux fois moins dans la plupart des pays comparables. Le problème est donc moins de transmettre que de mieux répartir !

D’autant que les génies créateurs n’engendrent pas nécessairement des génies créateurs ! Je ne citerai pas d’exemple par bonté d’âme.

Deux pistes sont à explorer selon moi :

  • Créer une fondation pour l’égalité des chances à même de recueillir le fruit des successions au-delà d’un seuil à définir, par exemple un million d’euros. Celle-ci pourrait doter chaque jeune d’un capital, aider à réaliser des projets d’entreprises, soutenir les enfants les plus méritants… Et, de fait, faciliter la transmission de ses biens à des associations et fondations ;
  • Lancer un grand emprunt afin de nationaliser notre dette publique à l’instar du Japon et partiellement de l’Italie.

Pour l’heure, les taux d’intérêt sont très bas, et la signature de la France lui permet d’emprunter dans des conditions particulièrement favorables.

Il n’en sera pas toujours ainsi et en cas de retournement de conjoncture, le fameux « état en faillite » de François Fillion pourrait ne plus être une fiction !

La période est idéale pour lancer un emprunt patriotique d’union nationale pour racheter une bonne partie de notre dette publique et souder les français autour d’un objectif noble et de prudence.

Dans l’attente et amicalement vôtre,

Hamou

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