Ce 8 février, je suis à l’écoute de Boomerang, la fameuse émission de la radio France Inter.

Disons-le tout net, cela m’arrive fort rarement, l’horaire n’est pas indiqué pour un travailleur acharné !

Mais ce matin-là je ne jouais du Zoom qu’à partir de dix heures et je dois confesser une admiration pour l’invité du jour : Barack Obama. Je n’ai pas été déçu !

Cet ancien président de la première puissance du monde, à peine plus âgé que moi a décidément gagné en sagesse.

Parmi toutes les considérations qui ponctuent cette interview, une retient particulièrement mon attention. Barack Obama décompose la fonction de président en deux grandes parties : La partie opérationnelle et exécutive, celle qui consiste à prendre cent décisions par jour sans faiblir, et la partie cérémonielle, qui consiste à inaugurer, fêter, déplorer dans des cérémonies qui feront la mémoire de la période.

Barack Obama a confessé qu’autant la première partie lui était familière d’emblée, autant la seconde lui avait été plus difficile à habiter. Il en a conclu qu’un président a dans une certaine mesure une parole performative, et que c’est parfois le plus important.

Son verbe induit et produit du réel.

J’invite tous les présidents et ceux qui aspirent à présider ce pays du verbe par excellence à méditer cette leçon : Tout comme Barack Obama, Emmanuel Macron a été élu pour sa jeunesse. L’électorat a, comme lui, vu dans son élection un signe d’ouverture du champ des possibles pour toutes les personnes qui ont eu un jour le sentiment de ne pas avoir leur place dans leur pays.

Lorsqu’Obama chante « Amazing Grace » après l’assassinat d’un afro-américain, il ressoude la nation américaine autour de ses valeurs. Lorsque le président Macron décrit une gare composée de gens qui créent des start-ups et d’autres qui ne sont rien, il désespère une grande partie de ses auditeurs-électeurs.

Barack Obama a confessé qu’il avait bien mieux compris et investi la partie cérémonielle de sa fonction dans la deuxième partie de sa présidence. Emmanuel Macron a tous les jours du reste de son mandat pour retisser les liens, construire des ponts, refaire fraternité entre celui qui sort du lot et celui qui sombre.

Certains de ses discours ont montré qu’il en avait le souffle !

Sa réélection et la qualité de son second mandat dépendront beaucoup de sa manière d’habiter cette partie de sa fonction.

Démocratiquement vôtre.

Hamou

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