En 2013, prenant un bain de foule au nord du Mali, le président  François Hollande affirmait vivre le plus important moment de sa vie politique.

Lui qu’on disait volontiers velléitaire avait en effet pris quelques jours auparavant la lourde décision d’engager l’une des plus vaste opération militaire de la France depuis la guerre d’Algérie. Il s’agissait alors d’empêcher les troupes proches d’Al Quaïda de déferler sur la capitale et de s’emparer du Mali.

Loyal au gouvernement, je n’ai pas à l’époque fait publiquement part de mes doutes sur une opération dont je pressentais déjà l’inévitable impasse. Mais, 7 ans plus tard, plusieurs dizaines de soldats français sont morts ou blessés, pour une cause qui était perdue d’avance.

Nul moins que moi n’a de mansuétude pour les idées islamistes et le terrorisme. Je rappelle souvent que mon premier engagement politique fut à seize ans de soutenir l’intervention soviétique en Afghanistan.

Nous payons aujourd’hui encore le choix des occidentaux de se servir de l’islamisme et de l’armer contre l’URSS. Cependant, l’intervention française, comme souvent, a négligé l’essentiel : Les armes ne suffisent jamais à refaire l’unité d’une nation artificielle, en particulier si ses élites politiques et militaires sont corrompues et choisies pour leur docilité et leur incompétence.

Depuis les années soixante, la France, quels que soient ses gouvernants, a toujours choisi de cornaquer les politiciens africains, et de les acheter pour s’assurer la prédominance et la jouissance des matières premières de leur sous-sol. Or, un corrompu se vend au plus offrant et désormais, d’autres puissances, viennent surenchérir.

Nous avons laissé la pauvreté s’agraver dans notre zone d’influence et cent cinquante millions d’africains se divisent entre trois groupes : Le premier émigre en Occident pour se sauver, le second se vend aux trafiquants de toutes les sortes, le troisième se vend aux islamistes et à leurs pétro-dollars.

La France, faute d’avoir passé un contrat gagnant-gagnant avec des élites africaines, d’avoir évincé les pourris et encourager la naissance de démocraties ou d’avoir épaulé des despotes avisés, se voit condamnée à envoyer des troupes supplémentaires en pure perte, harcelées par des bandes armées qui sont prêtes à perdre des centaines de combattants. Tous ont perdu leur temps.

La France est dans l’impasse.

Dès lors, un retrait de nos troupes est la seule solution viable. Le régime malien tombera, des années troublées s’ensuivront et peut-être les frontières héritées de la décolonisation n’y survivront pas. Le Conseil de Sécurité onusien devra alors jouer son rôle et mettre les moyens nécessaires pour permettre à cette mosaïque de populations de trouver le chemin de son avenir.

Il faut savoir terminer une intervention avant qu’elle ne se transforme en désastre. Nous le devons à nos valeureux soldats qui, depuis trop longtemps, ne savent plus pourquoi ils se battent et meurent.

Amicalement vôtre,

Hamou

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