Quels sont les nouveaux défis de l’entreprise ?

Le 26 novembre, à l’heure matinale du petit-déjeuner, l’institut de sondage IFOP présentait les résultats de sa grande enquête annuelle menée sur les perceptions et les attentes des salariés français.

Comment ces besoins ont-ils évolué au cours de l’année 2018 ? En quoi les attentes des Français se différencient-elles de celles de leurs concitoyens européens  ? Autant de questions auxquelles l’institut a tenté de répondre, en interrogeant, chaque année depuis 2003, un échantillon composé de plus de 1000 personnes.

 

Les résultats de l’enquête s’avèrent contre-intuitifs.

A rebours des idées généralement admises, 76% des salariés se déclarent satisfaits de leur situation professionnelle : un chiffre qui atteste d’une hausse significative depuis 2016. En tête des leviers de cette satisfaction caracolent des facteurs comme l’autonomie au travail (qui satisfait 87% des collaborateurs interrogés), le contenu des missions (qui en satisfait 80%) ou l’intérêt du travail (qui en satisfait 79%).

Faut-il pour autant se féliciter d’un tableau vierge de tout avertissement ? Ce serait faire erreur, car en quelques années, la proportion de salariés satisfaits de leur travail a diminué, et celle de salariés insatisfaits de leur travail, tout au contraire, a bel et bien augmenté. En tête de liste parmi les domaines spécifiquement concerné par ce problème, citons les seniors de 50 ans ou plus, le personnel de la fonction publique, et le personnel de grands groupes. Au questionnement qui surgit alors spontanément répond peut-être ce chiffre éloquent : en France, 19% des collaborateurs interrogés ne s’estiment pas du tout reconnus pour leur engagement et seulement 9%, sur ce point, se déclarent satisfaits.

Et en comparaison avec nos voisins ? 45% des Américains interrogés s’estiment tout à fait reconnus dans leur travail et 6% seulement estiment le contraire.  L’écart est long à franchir !

Faut-il plutôt imputer la cause de ces statistiques peu flatteuses à des perspectives de carrière insatisfaisantes, ou à un stress jugé excessif par  un collaborateur sur deux aujourd’hui? Faut-il encore mettre en cause la mise à l’écart des collaborateurs des décisions stratégiques de l’entreprise?

 

Il ressort de cette matinée l’idée contre-intuitive que ¾ des collaborateurs sont fiers d’appartenir à leur entreprise, et que plus de 60% d’entre eux la recommanderaient à leurs proches ; mais derrière cet état des lieux étonnant demeure malgré tout le constat que beaucoup ne se sentent pas reconnus à la juste mesure de cet engagement.

 

Cette présentation était suivie d’un débat animé par le groupe SOS Consulting, qui confrontait les points de vue d’Isabelle Kocher (Directrice Générale d’Engie), Romain  Lescure (Député rapporteur général de la loi PACTE), Frédéric Dabi (Directeur Général adjoint de l’IFOP), et Jean-Marc Borello (Président du directoire du Groupe SOS).